
MEHRAN MOHAJER
SOLO EXHIBITION
Persian Landsketches | Camera rosea
En collaboration avec Zaal Art Gallery
Mehran Mohajer
Depuis plus de trente ans, Mehran Mohajer explore la photographie comme un langage sensible où l’image ne se limite pas à montrer, mais interroge le regard lui-même.
Né en 1964 à Téhéran, où il vit et travaille toujours, ce photographe, écrivain, traducteur et enseignant iranien, formé à la photographie et à la linguistique, développe une œuvre qui dépasse la simple représentation du réel. À travers des images floues, fragmentées ou partiellement obstruées, Mehran Mohajer cherche à mettre en scène les limites de la perception.
Nourri par la poésie persane, celle de Hafez en particulier, mais aussi occidentale, comme celle de Baudelaire, son travail fait de la photographie un espace entre présence et absence, document et imaginaire.
Exposition visible du 7.05 au 13.06.2026
Vernissage Jeudi 7 mai 18h - 21h
Persian Landsketches | Camera rosea
L’exposition réunit deux séries emblématiques de la recherche de l'artiste :
Camera Rosea et Persian Landsketches. Si leurs formes diffèrent, elles partagent une même attention aux seuils - entre intérieur et extérieur, netteté et effacement, présence et disparition.
Avec Camera Rosea, Mehran Mohajer se retire dans une ancienne chambre photographique en bois, peinte de rouge. Cet espace clos devient un lieu mental, un refuge situé entre la camera obscura et la camera lucida. Les images y apparaissent renversées, floues, instables, comme des souvenirs en formation. Plus qu’un dispositif technique, la chambre rouge agit comme un sanctuaire intime : elle enferme et libère à la fois un amour silencieux pour la photographie, transformant l’acte de prise de vue en méditation.
Persian Landsketches ouvre quant à elle le regard vers le paysage, mais un paysage jamais fixe. Nourrie par la poésie persane - notamment Hafiz - et par la modernité sombre de Baudelaire, la série propose une vision en mouvement, traversée par le corps du photographe. La main qui apparaît dans l’image n’est ni un simple obstacle ni un geste anecdotique : elle marque une présence, rappelle que voir est toujours une expérience incarnée. Le paysage se dissout alors en esquisse, en territoire instable, traversé par une inquiétude sourde.
Entre intériorité et horizon, ces deux séries dessinent une même question : que peut encore l’image, lorsque ni le monde ni le regard ne tiennent en place ?

Sans titre de Camera Rosea, 2007, négatif couleur, tirage C-print, 26 × 26 cm.

Sans titre de Camera Rosea, 2007, négatif couleur, tirage C-print, 26 × 26 cm.

Sans titre de la série Persian Landsketches, 2025, impression numérique
sur papier photographique Canson Baryta, 76 × 76 cm.
Biographie
Mehran Mohajer (1964-) vit et travaille à Téhéran. Il est titulaire d’une licence en photographie et d’un master en linguistique générale de l’Université de Téhéran. Au cours des trois dernières décennies, son esprit et son regard se sont intéressés à la dynamique du langage de la caméra, explorant ses limites. Il s’intéresse particulièrement à l’interaction entre le langage et l’image, avec un regard porté sur la littérature classique persane. Mohajer a présenté ses œuvres lors d’expositions individuelles en Iran et dans des expositions collectives en Iran et à l’étranger.
Mehran Mohajer enseigne la photographie et est également traducteur et auteur. Il est chargé de cours à l’Université de Téhéran et a enseigné dans diverses institutions académiques au cours des 30 dernières années. Il a écrit et traduit plusieurs livres sur la photographie et la critique littéraire. Ses articles sur la photographie ont été publiés principalement dans le magazine Herfeh: Honarmand et dans le livre intitulé Vaghte Aks.
Ses ouvrages photographiques comprennent Tehran Bigah (Téhéran non daté/Déplacé, 2014), Bein o Labein (Entre et Non-entre, 2016), Hava-ye Zamin (L’air de la Terre, 2018) et Darbast (Échafaudage, 2020). Ses livres sur la littérature incluent Vajhegan Adabiyat va Goftman Adabi (Lexique de la littérature et du discours littéraire, 2002, avec Mohammad Nabavi) et Be Sooye Zabanshenasiye Sher (Vers une linguistique de la poésie, 2014, avec Mohammad Nabavi).
Ses traductions sur la photographie et l’art comprennent Baygani va Tan (Le corps et l’archive, 2009), Akkassi: Daramadi Enteghadi (Photographie : Une introduction critique, 2011, avec Mohammad Nabavi et al.), Mafaim-e Bonyadi-ye Tarikh-e Honar (Termes critiques pour l’histoire de l’art, 2016, avec Mohammad Nabavi) et Honar va Akkassi (Art et photographie, 2025).

Sans titre de la série Persian Landsketches, 2025, impression numérique
sur papier photographique Canson Baryta, 76 × 76 cm.
Cette exposition est une collaboration entre Ithaque et Zaal Art Gallery.
Zaal Art Gallery est une galerie internationale établie en Ontario, au Canada, fondée par Hormoz Hematian, également fondateur de la galerie Dastan à Téhéran, en Iran. Fidèle à l'héritage de Dastan, Zaal Art Gallery développe une programmation exigeante articulée autour de l'édition de livres d'artistes et de monographies, de projections cinématographiques et de projets de performance. La galerie constitue un lieu de référence pour les amateurs éclairés comme pour les professionnels du secteur.
Ithaque est un espace de résidence et une galerie d'art fondés par Alexandre Arminjon en 2020, avec pour mission de préserver les savoir-faire liés à la photographie argentique. Ce lieu hybride, situé au cœur du Marais, se compose de deux espaces distincts. Le premier accueille des expositions photographiques. Attentive à la diversité des pratiques et des cultures, la programmation ambitionne de mettre en valeur la photographie dans toutes ses formes. Le second espace comprend deux laboratoires de tirage argentique noir et blanc.
Depuis 2022, Ithaque propose des ateliers de photographie argentique à destination des jeunes publics en Île-de-France. À l'occasion du bicentenaire de la photographie, Ithaque a été labelisée par le Ministère de la Culture pour ses activités d'ateliers photographiques scolaires. Parallèlement, l'association Les Amis d'Ithaque, qui finance les activités d'ateliers et de résidence d'artistes, a été reconnue d'intérêt général par les autorités fiscales françaises.

