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Ayako Sakuragi

SILLONS DE LUMIÈRE

Exposition visible du 17.09 au 24.10.2026

Vernissage Jeudi 17 septembre 18h - 21h

Et si la photographie contenait davantage que le visible...

À la suite du grand tremblement de terre de l'est du Japon en 2011, Ayako Sakuragi
entreprend une recherche sensible sur ce que signifie voir et habiter le monde. Son
travail explore les liens entre paysage, temps et mémoire, tout en questionnant la
place de l'être humain au sein de la nature.

Pour cette série réalisée entre Paris et Arles, Ayako Sakuragi a utilisé la technique du  sténopé. Il s'agit d'un procédé photographique primitif, constitué d'une simple boîte percée d'un minuscule trou, sans objectif. Associé à de très longs temps de pose, le sténopé permet à la lumière d'inscrire le temps sur l'image et de révéler des phénomènes habituellement imperceptibles.

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Paris/Arles 4

2026

L 104 × H 50,5 cm

C-print à partir d’une pellicule réalisée au sténopé

Édition unique

Dans Sillons de lumière, la photographie dépasse la simple représentation du réel. La lumière y est envisagée comme une onde, une matière en mouvement qui transporte des vibrations, des mémoires et des informations, à l'image du son.

Les paysages deviennent alors les témoins de flux invisibles que la photographie rend sensibles.

À travers cette démarche, Ayako Sakuragi invite à ralentir le regard et à remettre en
question nos habitudes perceptives. Dans un monde saturé d'images instantanées, ses œuvres proposent une expérience contemplative où la photographie devient une trace du temps, de la lumière et des relations invisibles qui traversent notre environnement.

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Paris/Arles 6

2026

L 82 × H 40,5 cm

C-print à partir d’une pellicule réalisée au sténopé

Édition unique

Biographie 

Née en 1978, Ayako Sakuragi a étudié la littérature française à l’Université Sophia à Tokyo, puis le stylisme au Studio Berçot à Paris. Après onze années de travail chez Comme des Garçons, elle est revenue aux études artistiques. Elle est diplômée de la Tokyo University of the Arts (Master) en 2021 et de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2022 (DNSAP). Elle a été finaliste du Prix Dior de la Photographie et des Arts Visuels pour Jeunes Talents en 2024, ainsi que du Prix Sisley des Beaux-Arts de Paris en 2025. Son œuvre 108 jours fait partie de la collection du musée ARTER (Istanbul). Elle est actuellement résidente de la Capsule – Résidence Création Photo, Le Bourget, et doctorante à l'École nationale supérieure de la photographie. Elle poursuit son travail et ses expérimentations entre Paris et Arles.

Paris/Arles 8

2026

L 80 × H 49,8 cm

C-print à partir d’une pellicule réalisée au sténopé

Édition unique

Sillons de lumière

Et si la photographie contenait davantage que le visible...


Lorsque la nature était plus présente dans nos vies, nous étions peut-être plus sensibles à ces correspondances invisibles. La photographie peut l’évoquer et semer un doute sur notre vision.


La photographie est une inscription de la lumière — également de vibrations, de fréquences, d’ondes. Comme le son.


La lumière possède une nature proche de celle du son : elle circule, se propage, transporte une information. La photographie en fixe les traces sur une surface sensible.


Peut-on alors considérer l’image comme une partition potentielle ?


Alexander Graham Bell, avant l’invention du téléphone, développa le Photophone : un dispositif permettant de transmettre une voix par un rayon de soleil mis en vibration. La lumière peut donc porter du son et contenir une information.


Les paysages que nous regardons sont eux-mêmes des phénomènes mouvants, traversés de flux lumineux continus. Dans une camera obscura, cela devient évident : les images ne sont pas fixes : elles flottent, circulent, apparaissent et disparaissent. Pourtant, nos yeux ne perçoivent pourtant pas ces flux lumineux comme des images autonomes, car tout se fond dans la continuité du réel
lumineux.


La photographie en sténopé peut figer ce mouvement. Elle retient une durée du monde. Si une durée s’y inscrit, cette photographie contient peut-être davantage que ce qu’elle montre.


Si nous pouvions regarder le monde comme le sténopé à longue exposition — en laissant nos yeux ouverts pendant des heures — notre vision et notre perception du monde seraient probablement très différentes.


Aujourd’hui, le mot « image » est devenu une surface rapide, consommable, presque instantanée. Mais l’image peut être quelque chose de plus dense : non seulement une représentation du réel ou du visible, mais aussi une présence intérieure, une mémoire, une sensation multiple et complexe, relevant parfois d’une expérience antérieure au langage.


Les personnes malvoyantes ou non-voyantes perçoivent l’espace à travers le son, les résonances, les distances, les vibrations. Elles construisent une autre forme de vision du monde. Peut-être même une perception plus réaliste que celle produite par le regard saturé d’images.


Notre corps est probablement capable de décoder davantage les informations codées contenues dans la lumière. Mais cela suppose peut-être de changer notre manière de voir.


Sillons de lumière propose ainsi d’envisager la photographie non seulement comme image, mais comme trace, mémoire vibratoire et partition — une surface où le visible pourrait aussi devenir audible.

​​                                                                                                                                                                                           

 

- Ayako Sakuragi

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